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La génétique du déficit en alpha-1-antitrypsine

Génétique

Avec la collaboration de Dr. Diane Cox, PhD, FCCMG

L’alpha1-antitrypsine (AAT) est le principal inhibiteur de la protéase dans le sang. Les tests préliminaires visant à dépister les anomalies de l’AAT se font par quantification sérique de la protéine. Cependant, si le taux d’AAT est faible, des analyses complémentaires sont nécessaires afin de déterminer le phénotype d’AAT (type de Pi [Pi est l'abréviation de Protease Inhibitor, qui signifie « antiprotéase »]). Cette information est importante dans certains cas pour établir le pronostic et peut être pertinente pour d’autres membres de la famille afin qu’ils modifient leur environnement et leur mode de vie de manière à prévenir cette maladie. Le phénotypage Pi est indiqué lorsque le taux d’AAT est inférieur à 200 mg (environ 75 % de la normale) (un seuil minimal plus élevé peut être fixé dans certains cas, p. ex., 230 mg chez les femmes prenant des anovulants).

La quantification de l’AAT n’est pas fiable pour déterminer le phénotype. Même les personnes atteintes d’un déficit en AAT (Pi ZZ) peuvent présenter des hausses de l’AAT atteignant jusqu’à 50 % de la normale durant l’enfance et les périodes d’inflammation. Les plages de valeurs se chevauchent considérablement entre les sujets ayant un phénotype Pi SZ (qui présentent généralement des taux un peu plus élevés que les sujets de phénotype ZZ) et les sujets Pi MZ. Par conséquent, la quantification peut uniquement servir de guide pour les personnes présentant de faibles taux d’AAT. Les membres de la parenté des patients ayant de faibles taux d’AAT devraient subir un phénotypage Pi et non un test de quantification.

Plus de 20 phénotypes ont été mis en évidence, quoique seul le gène Z soit couramment associé au déficit en AAT. Voici une brève description des phénotypes Pi les plus souvent observés dans la population.

MM : Environ 90 % de la population. Ces personnes présentent des concentrations « normales » d’AAT.

MS : Environ 8 % de la population. Ces personnes sont porteuses de l’allèle normal de type M et de l’allèle S relativement courant. Ces personnes ne sont pas forcément plus prédisposées à la maladie pulmonaire que le reste de la population.

MZ : Environ 3 % de la population. Ces personnes ont hérité d’un gène M normal et d’un gène Z défectueux, qui est associé à des taux faibles d’AAT. Ces sujets présentent généralement des taux d’AAT se situant à 75 % de la normale. Les non-fumeurs de phénotype MZ présentent habituellement une légère augmentation de la perte d’élasticité pulmonaire, ce qui est peu susceptible d’avoir des conséquences cliniques. En revanche, les fumeurs, et en particulier les grands fumeurs, connaissent une perte d’élasticité pulmonaire plus rapide que la population générale, ce qui peut mener à une maladie pulmonaire obstructive chronique. Les conjoints de ces personnes devraient être testés pour déterminer leur phénotype et ainsi permettre un dépistage précoce d’un phénotype Pi ZZ chez leurs enfants afin de les prévenir du risque élevé lié au tabagisme.

ZZ : Environ 1 personne sur 5 000. Ces personnes présentent de très faibles taux d’alpha1-antitrypsine, car l’AAT anormale n’est pas libérée par le foie. Ces personnes sont plus susceptibles de développer une maladie du foie durant leur petite enfance. Elles présentent également un risque élevé de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique (emphysème) au début de l’âge adulte. Le dépistage précoce chez ces personnes est donc essentiel. Par ailleurs, elles doivent éviter de fumer et de travailler dans des milieux où il y a des émanations ou d’autres irritants pour les poumons.